Lettre à mon enfant sans nom et sans visage
Le 15 janvier 2014
La nouvelle
est tombée come un couperet le 30 décembre 2013 en pleine période
de fête.
A 6 semaines
de grossesse le verdict était sans appel. Le plus dur a été
de vivre pendant une semaine en te sachant mort au creux de mon ventre :
la douleur morale, la culpabilité, le « pourquoi moi ? »,
aucun symptôme, aucune douleur, juste l’échographie nous indiquant
l’arrêt de l’évolution de la grossesse.
Que faire
alors ? Continuer à se considérer comme une femme enceinte
à la différence que l’on ne porte plus la vie ? Continuer
à faire attention à ce que l’on fait, à ce que l’on mange ?
Oui, on
se dit que le cœur bat encore, qu’un miracle est toujours possible… jusqu’à
ce qu’une nouvelle consultation confirme la fausse-couche. Est-ce que cette
fausse-couche serait due à nos actes antérieurs ? Est-ce
que c’est juste un retour des choses ? Pour le corps médical, trop
habitué à être confronté à la douleur des
couples, c’est le plus souvent inexpliqué.
Mon tout,
tout, tout petit, j’ai à peine eu le temps de m’habituer à ta
présence, que déjà la vie me reprenait ce qu’elle m’avait
donné. Cette lettre a pour but de concrétiser ta courte existence
qui n’a même pas eu le temps d’être portée à la connaissance
de nos proches.
Ma souffrance
aujourd’hui est à la hauteur du Désir que nous avons eu de t’avoir,
de notre joie de te savoir là et des moments de vie que nous imaginions
auprès de toi.
Le but
aujourd’hui n’est surtout pas de t’oublier mais d’apprendre à vivre avec
ton absence pour pouvoir nous donner la chance d’accueillir de nouveau cette
joie immense de se savoir « parents en devenir ».
Constance,
30 ans, sans enfant
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